Laboratoires de thÉorie et d'histoire LTH1 - LTH2


Axe de recherche du LTH2

La problématique du logement

Mots-clés: théorie; conception des espaces domestiques; expression architecturale; modes de vie

Dans le contexte romand des années 1950, comme l’affirme Jean-Marc Lamunière, la pratique professionnelle «n’offrait qu’une tentative: celle de retenir, d’appliquer et de prolonger les expériences des maîtres qui me précédaient et dont je ne faisais, en quelque sorte, que porter témoignage, même si de manière audacieuse, voire téméraire, tout au moins sur le plan suisse» (J.-M. Lamunière, «Mon rapport à l’art», non publié, 1994). Il s’agit en effet, par le biais de la référence aux maîtres, de légitimer une modernité pas forcément acquise d’avance face aux résistances culturelles et aux habitudes conservatrices de la commande, notamment dans le cadre de conditions culturelles locales plutôt étriquées. La problématique du logement est à inscrire dans ce cadre référentiel qui, tout en donnant l’apparence de rassembler les architectes autour d’un même idéal, provoque en réalité leur division. Le débat est vite idéologique et concerne le choix des modèles, organiques – en référence à F. L. Wright – ou alors rationnels – Mies et Le Corbusier.

les modèles organiques

Parmi les architectes ayant travaillé dans un esprit organique, dans une sensibilité proche de celle d’Alvar Aalto et dans la lignée d’Otto Senn, nous pouvons distinguer l’œuvre de Frédéric Brugger. Dans le domaine du logement, cette influence est clairement perceptible dans les Tours de la Borde réalisées à Lausanne entre 1962 et 1968. Dans ces immeubles de 9 étages, la dynamique engendrée par l’implantation oblique par rapport à la rue est accentuée par une recherche formelle basée sur une géométrie non orthogonale. Selon les termes de l’architecte, «la forme polygonale des maisons et par conséquent une position souvent oblique des parois d’appartement provoquent un sentiment de fluidité entre les pièces et ouvrent de nombreuses possibilités d’ameublement» (F. Brugger, «La Borde III», novembre 1968, texte manuscrit, p. 2). Le travail sur ces formes induit non seulement des appartements ayant de multiples orientations mais aussi un allégement dans la perception des masses des bâtiments.

les modèles rationnels empreints d’une tendance Beaux-Arts

La rationalité romande dans le second après-guerre est souvent influencée par le modèle américain. J.-M. Lamunière, membre du Groupe Onze, organise en 1957, à Genève, une double exposition sur l’urbanisme aux USA et l’œuvre de Mies van der Rohe, avant d’enseigner à Philadelphie dans les années 1960. Il construit à Lancy (en association avec G. van Bogaert) deux tours de 13 étages sur rez-de-chaussée (1960-1964) en s’inspirant de la rationalité de certains immeubles hauts américains. Réglée par deux axes de symétrie, l’organisation du plan des tours repose sur la juxtaposition de trois “anneaux” concentriques, matérialisés par les structures verticales, et qui délimitent des “zones” distinctes: l’axe de circulation verticale “rigide” et la distribution horizontale des logements, les espaces servants (halls et sanitaires) et, enfin, les pièces habitables. Le souci d’atteindre une rationalité constructive amène les architectes à recourir à la préfabrication et à traduire les efforts statiques par des expressions particulières, comme l’absence de montant vertical à l’angle, là où la charge du plancher est faible.

Nous retrouvons une même préoccupation dans l’œuvre de François Maurice & associés. Issu de l’enseignement Beaux-Arts, cet architecte genevois a su allier l’ouverture à un certain éclectisme et le souhait de “construire l’architecture” dans un esprit de rigueur constructive et d’ordre structurel, trait constant qui traverse une œuvre stylistiquement variée. Dans le domaine du logement, nous pouvons évoquer plusieurs opérations pour lesquelles des méthodes industrielles de construction sont expérimentées – installation rationnelle du chantier, coordination modulaire, préfabrication des éléments, décomposition des opérations de montage selon une progression linéaire induite par le cheminement de la grue – dans l’objectif d’atteindre de meilleures performances techniques et économiques: notamment l’immeuble des Ailes (1956-1959) et les immeubles à Aïre (1956-1959).

rationalité et grande échelle: les grands ensembles

Certaines réalisations particulières comme les grands ensembles posent le problème de leur adéquation à la situation contemporaine. Conçus souvent pour des familles standard, construits par des systèmes industrialisés, ayant parfois des tailles importantes, ces ensembles de bâtiments soulèvent en effet des questions d’une certaine acuité quant à leur rénovation et à leur entretien. Intervenir dans ce patrimoine présuppose, d’une part, de mieux comprendre les principes architecturaux, urbains mais aussi historiques, sociologiques et économiques qui ont présidé à sa conception; d’autre part, d’établir des critères analytiques et projectuels interdisciplinaires qui puissent orienter les investigations et les propositions dans une perspective de développement durable.

Domaines d'activité des LTH

  • Composition architecturale
    Théorie de l'architecture
  • Histoire de l'architecture
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  • Typologie d'édifices publics
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